Une masse vert pomme en bord de Seine, c'est ce que l'on cherchait. Après avoir dépassé la masse grise de la BNF, et après quelques hésitations sur l'itinéraire à suivre, nous arrivâmes dans ce lieu étrange, anciens docks d'un port construit en 1902 qui abrite pour quelque temps les collections du musée Galliéra, en cours de réhabilitation. Comment définir la haute couture ? : l'art des tissus, l'art du vêtement ou art mouvant sur le mannequin, .... On peut penser que c'est le tout, et c'est ce tout qui fait rêver les midinettes dans les chaumières !! En effet la haute couture nous interpelle de par la magie créative des grands couturiers, de par le travail minutieux des petites mains qui réalisent point à point, paillettes à paillettes, les merveilles données à voir à notre inaccessibilité. Alors quelle aubaine que cette exposition des collections de l'espagnol Christophe Balenciaga et de la japonaise Rei Kawakubo. |
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Notre conférencière convaincue nous a levé le voile sur les sources d'inspiration de ces artistes. L'Espagne et ses costumes traditionnels, le XIX ème siècle et les robes froufroutantes des aristocrates, pour Balenciaga. Et pour la japonaise c'est sa vie enchaînée par les liens du mariage dans une union vécue comme une prison, mise en scène dans des robes de mariées d'un blanc sépulcral, exprimant son enfermement, les mains disparaissent, les robes sont des géoles : saisissant !! |
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Ce qui a animé le concepteur de cette exposition, c'est l'opposition des couleurs mises en contraste dans deux salles séparées : le noir essentiellement pour Balenciaga et le blanc pour Kawakubo. Mais c'est aussi la transition abordée par Balenciaga, qui exploita un nouveau matériau, tissu armé qui permet de sculpter le vêtement, en exemple sa robe papillon, pour arriver aux formes « cage » des robes de la japonaise. |
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Tout l'intérêt de cet univers, que l'on peut penser futile, est qu'il est une expression réelle d'une démarche artistique : la création dans un cheminement qui passe par le détournement un brin nostalgique d'anciens costumes, robes, ...... et par les sentiments et les sensibilités exprimés, voire le drame dans les robes de mariées de la japonaise, dans une présentation d'ailleurs intitulée « white drama ». Mais c'est aussi l'utilisation savante des matériaux, les tissus dans toutes leurs différences de tissage et de couleurs, et accessoires divers, qui permettent de magnifier le monde intérieur du couturier comme celui du peintre sur sa toile, du compositeur dans sa partition, du poète dans ses rimes, etc ... |
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La haute couture, c'est aussi une industrie de luxe, qui fait travailler nombre d'artisans, qui permet le maintien d'anciens petits métiers : plumassier, ...., et qui permet aussi de développer des techniques innovantes, telles les paillettes qui de la gélatine de boeuf sont arrivées aux écailles de poisson, voire peut être plastique de nos jours. |
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Cette exposition fut passionnante, et notre conférencière passionnée, nous a captivé. Nous avons terminé cette agréable journée pour quelques uns en partageant pizzas et bières à la sortie de cet improbable musée. Nous avions parmi les participants une ancienne employée de chez Balenciaga et une autre de chez Givenchy qui nous ont révélé l'envers du décor. |
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| Quelques anecdotes : | ||
- Le saviez vous, les dames de la haute société faisaient démonter leurs robes à chaque saison, pour une facilité de rangement |
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- Comble du luxe, pour celles qui voyageaient et qui avaient un compte en banque bien garni (une robe coûte environ le prix d'une voiture), elles faisaient réaliser en double leurs luxueux atours, une garde robe à Paris et la même à New York. |
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- Balenciaga a habillé beaucoup de célébrités telles Maria Bismark, Anabelle Buffet, Madame de La Valette, Madame de Rotschild, ..... Il a eu pour élève Courrège et Ungaro, et comme fils de coeur Givenchy. |
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Thérèse |
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