Il faisait un froid de canard pour notre excursion dans l’Oise. Ca tombait bien, on allait voir des ânes. Quel rapport me direz-vous, avec les plumes ou les poils. Ma plume évidemment !! (celle de la reporter), et les oreilles c’est pour qui ?? Notre chauffeur Alain suggéra qu’il en avait à transporter quelque uns, ceux de Chennevières en particulier. Comprenne qui pourra !! |
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C’est donc avec ce froid que nous arrivâmes à St Germer de Fly en Pays de Bray, le pays de la gadoue (bray = boue), dû à son péché originel : la géologie, soit l’argile dans tous ses états |
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| Au programme l’abbaye et la Sainte chapelle. L’abbaye, magnifique édifice de style roman du XII ème siècle était malheureusement fermée pour cause de squat par les pigeons !! Les volatiles impudents se laissent aller dans sa nef immense, vaisseau de pierre aperçu du coin d'un oeil. Heureusement il nous restait la Sainte Chapelle construite au XIV ème siècle en gothique rayonnant presque identique à celle de Paris. C'est d'ailleurs le même architecte Pierre de Montreuil qui fut à l'oeuvre. |
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| Historiquement, cette abbaye doit sa construction à Germer (605-658) conseillé de Dagobert. Le pauvre Germer après bien des misères décida, résilience de l'époque, de bâtir cette abbaye en bois qui brûle. Et l'abbaye brûla, pour cause de Vikings en goguette. L'évêque de Beauvais, quelque temps après (1050), entreprit sa reconstruction en pierre. Cependant les ennuis continuèrent. La foudre l'endommagea, les Bourguignons détruisirent les tours pour en récupérer les cloches, de ce fait le porche s'écroula. Et maintenant, les nouveaux envahisseurs, sont les pigeons et des indélicats qui guillotinent les statues pour en faire peut-être des trophées de salle à manger. Quant aux psaumes religieux, ils sont remplacés par le doux chant des moteurs deux temps. | ||
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| Splendeurs et vicissitudes d'une époque révolue !! |
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Délaissant les magnifiques macramés de pierre du gothique de la Sainte Chapelle et sa rosace lumineuse d'un soleil encore timide, nous rejoignîmes le musée des arts et traditions populaires. Succès garanti pour les têtes blanches. Nos vieux souvenirs d'antan se réveillèrent au gré de nos découvertes. Ici un pupitre et son encrier, là de vieux outils, une boite de bouillon cube, etc ........, le temps passe, de la plume sergent major à la souris de l'ordinateur. Quel changement, et c'est pas de maintenant !! |
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Pour cause de frustration romane, notre guide nous amena à l'église de Coudray St Germer (miracle, elle en avait les clés) où le bras de St Bobelein est conservé religieusement dans une chasse splendide, véritable chapelle miniature en bois et or sculpté. Travail d'une extraordinaire finesse.
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Un petit tour dans ce pays de Bray rayonnant lui aussi de verdure couleur pluie, des gris des champs de blé encore en herbe, des rouges coquelicots et des jaunes du colza. Mosaïque de couleurs qui aurait pu attirer les impressionnistes mais qui a inspiré nos responsables rando. |
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Après cette petite escapade des plus pittoresque par monts et par vaux, nous rejoignîmes le restaurant. En effet les estomacs se creusaient. L'auberge du village face à l'abbaye nous offrit un festin de roi ou d'abbé !! Le repas fut gastronomique et le petit vin blanc des plus apprécié. |
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Hi-han, hi-han, les ânes nous attendaient, et en pays de Bray, les ânes braient.
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| Quelque part dans la campagne soudain ensoleillée, un personnage haut en couleur, stetson à la JR d'allure très cow-boy, nous ouvrit les portes de son asinerie. Après un bref préambule sur la généalogie des ânes, la souche sauvage est africaine (et non !! la duchesse Anne de Bretagne n'avait pas de grandes oreilles), il lâcha le troupeau conflanais dans l'enclos des « maîtres aliborons » (*). Les ânes n'eurent plus de secret pour nous, sauf à en comprendre la psychologie, l'âne est parait-il cabochu. |
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| (*) Jean de Lafontaine | ||
Certains propos m'interpellèrent et m'inspirèrent ces quelques vers : |
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Qui est du plus têtu, |
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Pendant toutes ces explications, les ânes en bons ruminants venaient vérifier si nous n'étions pas de bons épineux à déguster. Certains tendaient leurs braves museaux pour des caresses bienvenues. Leurs grands yeux riches d'une absence placide que les mouches venaient agacer, interrogeaient nos certitudes humaines. |
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| Quelle émotion que ce contact avec l'animal, tant nous avons à apprendre de leur empathie naturelle. | ||
| Cela dit, cet animal dur au travail, qui s'adapte à toutes les précarités environnementales, est un véritable véhicule tous terrains. Notre asinier utilise la noble bête pour l'attelage lors de différentes fêtes champêtres et autres. Ce fut l'objet de la visite de son mini musée des attelages, où nous apprîmes que lui et ses ânes (pas le peintre !!) sont venus plusieurs fois à Conflans pour les fêtes de Noël. |
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Face à l'asinerie, nous avons remarqué une église construite en 1608 qui porte deux étoiles hébraïques, imbriquées dans les briquettes rouges du portail, qui indiquaient à l'époque que les juifs étaient tolérés. Remarque d'importance !! |
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Notre équipée en Pays de Bray se termina par un goûter très dame du XIX ème siècle, il nous manquait ombrelles et crinolines pour magasiner dans la boutique attenante surannée à souhait. |
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Alain notre chauffeur, pour rester dans l'ambiance campagnarde de la journée, nous mena de détours en contours, pour un tour des départementales du pays, avant que de rejoindre Conflans. Bravo à sa dextérité, et merci au GPS de Robert. Quelle fin de parcours émoustillante sous les frondaisons normandes. |
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Merci à Michel pour cette journée à la rencontre géographique et historique d'une région qui nous a enchantés. Une fois de plus, nous avons pu observer combien notre pays est riche de l'identité profonde de ses provinces et de leurs singularités. Provinces qui, avant d'être la France, étaient des fiefs évêchés ou autres des puissants d'autrefois, et qui pour honorer tous les saints de la terre, et le leur en particulier, ont bâti maints chefs-d'oeuvres pour le plus grand plaisir des manants d'aujourd'hui. Thérèse |
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| Dépliant de St Germer de Fly ICI | ||