Ce jeudi, nous nous sommes faits notre cinéma, surtout les dames !!! C'est que notre visite était le musée Jean Gabin. Jean Gabin, vous pensez !!! , le séducteur patenté d'avant guerre, et même si nous n'étions pas toutes et tous nés à l'époque, il nous a tout de même bien fait rêver. « Ah !!! t'-as d'beaux yeux tu sais !!! ».  Que n'avons nous toutes, espéré être Michèle Morgan !!!
 
Jean Gabin fut l'acteur immense que l'on sait à la gloire internationale. Son engagement dans la marine pendant la guerre en ajoute au personnage. Il était issu d'une famille d'artistes qui s'était installée à Mériel, gentil petit village de l'Oise. Entre le fleuve, le chemin de fer et l'école, le petit Jean Moncorgé dit Gabin (son troisième prénom) ne pensait qu'à battre la campagne plutôt que de s'ennuyer à l'école. C'est ainsi qu'il rata son bac …......., pas le baccalauréat mais celui pour traverser l'Oise de Mériel à Auvers. De caractère très affirmé il se rêvait chauffeur de locomotives (vœu exaucé dans le film « La bête humaine »). En fait il alla de petits boulots en petits boulots. Son père artiste de caf'conc' prit en main le destin de son fils contre le gré de ce dernier. Il le fit enrôler aux « Folies Bergères », non pas pour ses « belles gambettes » mais pour son brin de voix. Le papa eut une intuition des plus mirobolante, quand on sait la carrière du fiston. Le cinéma français s'en trouva grandement enrichi. Le jeu naturel de l'acteur, son allure massive et son air imposant, mais qui cachait malgré tout une grande sensibilité, ont fait les délices des réalisateurs. Il n'étudiait pas ses rôles, des restes de l'école sans doute, il les incarnait.
Un petit tour dans le patelin nous a permis de voir sa statue par Jean Marais qui s'y est quelque peu dédoublé, sa maison d'enfance avec vue sur l'eau et le rail, son école retapée, et le préau sans retouche, puis le vieux cimetière plutôt délaissé, lieu de repos de la famille, et l'église dans laquelle un tableau de sa sœur bien-aimée, toute aussi artiste que lui, trône en bonne place. C'est une représentation très réaliste et réussie de la descente de croix inspirée de Rubens.
   
 
 
 
En conclusion, on pourrait dire que s'il a beaucoup tourné, la tête ne lui tournait pas. C'était un terrien attaché au monde rural et aux chevaux. On pourrait dire également que s'il a beaucoup joué, il ne jouait pas (aux courses comme son père). Il était avant tout un pragmatique soucieux d'économie. Il pensait que seule la terre était pérenne et n'envisageait absolument pas la pérennité de ses succès cinématographiques. Or sa ferme a été vendue par manque de vocation agricole de ses enfants et petits-enfants qui pour certains ont repris le flambeau du spectacle de leur illustre grand-père : une facétie du destin !!!
 
Avant que de repartir vers Conflans, notre chauffeur Alain s'est dévoué pour immortaliser nos bobines, c'était de circonstance !!!
 
 
Thérèse