Après un voyage en train de banlieue sans fumée ni escarbilles, voilà Destination Demain en partance pour les sables du désert, dans le mythique « Orient Express », avec dans nos malles penderies quelques pelles pour fouille archéologique glissées entre smokings ou robes du soir. En gare de l’I.M.A., direction Istanbul puis la Mésopotamie et l’Egypte. Luxe et rêve à portée de nos cartes bancaires !! car à l’époque (1883) nos bourses de français moyen n’y auraient pas suffi. Nous embarquons avec d’illustres personnages, Agatha Christie, James Bond, Marlène Dietrich, Pierre Loti, Mata Hari, et bien d’autres fantômes sur écran, pour un voyage de 81 heures. Au menu, sardines, œufs mayonnaise, petites compotes, etc ….. (c’est ce qu’indiquait un menu) il est vrai que ce n’était pas encore l’époque des frigos et du lyophilisé, le tout arrosé d’eau de Valts (Ardèche), mais aussi de champagne, tout de même !! |
C’est un belge, Georges Nagelmackers au caractère entreprenant qui fut le concepteur de ce train et de ses wagons qui, contrairement au Pullman américain, offrait aux dames, pour les wagons lits, toute l’intimité et la discrétion requises pour les voyageuses bien que rares à cette époque. Tous ces audacieux fortunés y cherchaient les frissons des « mille et une nuits » en s’évitant le mal de mer. En effet le bateau était alors le seul moyen pour rallier l’Orient. Cette magie phantasmée, qui a donné son nom au courant « orientaliste » du XIX ème siècle avec Delacroix, Ingres, Delvaux, etc …, a disparu, si tant est qu’elle ait existé si on se place du côté des autochtones. Elle est malheureusement morte dans le chaos actuel du Proche Orient. Bagdad, pulvérisée ; la Syrie, anéantie. L’Orient Express est rattrapé par le train de l’histoire et son cortège de douleurs. |
Après ce beau voyage à travers l’Europe et l’Asie, villes et palaces en pointillés, entre Occident et Orient, nous retournâmes à notre train de banlieue, sans fumée, mais beaucoup moins confortable. Fini les cuirs et les décors de Lalique, les boiseries de René Prout, les cigares, l’argenterie, la porcelaine marquée « WL », les cabinets d’aisance plein de plaisance. A nous les tags et la promiscuité !! Merci à Marlène pour ce voyage palpitant et sans crime offert par la SNCF et l’UNESCO (les wagons sont classés au patrimoine mondial). Thérèse |
Plus qu’une exposition, un événement ! Dans toute sa splendeur d’autrefois l’Orient Express vient faire halte sur le parvis de l’Institut du monde arabe à l’occasion d’une grande exposition consacrée au plus mythique des trains, à cette icône de l’Art-Déco qui a fait le bonheur de générations de voyageurs, ouvrant grand à ceux-ci les portes de l’Orient. |
Le succès rapide de l’Orient-Express entraîne la mise en service de nouveaux trains, tous de grande classe: le Nord-Express, le Sud-Express, le Calais-Nice-Rome-Express, etc. En plus de son activité de transport de passagers à travers l’Europe, l’Orient et l’Asie, |
L’Orient Express, symbole intemporel de l’Art du Voyage, a notamment accueilli à son bord l’actrice américaine Marlene Dietrich, l’aventurier Lawrence d’Arabie, le Roi Ferdinand de Bulgarie, l’écrivain russe Léon Tolstoï, ou des espions comme la célèbre Mata-Hari. Le mythe de l’Orient Express se construit plus tard aussi à travers la littérature et le cinéma, notamment avec le fameux Crime de l’Orient Express d’Agatha Christie, ou les missions de James Bond.Son succès rapide entraîne la mise en service de nouveaux trains, tous hauts de gamme. Joyau de l’Art Nouveau, l’Orient Express reste le plus beau : le voyageur y dort, y dîne royalement, et des palaces de luxe sont même construits à l’arrivée des principales destinations. Georges Nagelmakers fonde la Compagnie internationale des Grands Hôtels pour les accueillir une fois arrivés à destination. Il créé des hôtels aux noms mythiques comme le Pera Palace à Constantinople ou le Riviera Palace à Monte Carlo. La première chaîne hôtelière internationale naît alors. |
Rendue possible grâce au concours de SNCF, cette manifestation de grande envergure est conçue en deux parties. |
Première Partie (voir ICI) |
Sur le parvis c’est tout un train, locomotive et trois voitures exceptionnelles ainsi qu'un wagon-restaurant qui sont présentés. Le visiteur entreprend son parcours en montant dans la 1ere voiture y découvrant l’atmosphère luxueuse et feutrée qui accompagnait le voyageur tout au long d’un périple dont l’aboutissement était la découverte de l’Orient. La dimension cinématographique est omniprésente au fil d’une déambulation où les silhouettes des voyageurs prestigieux d’autrefois paraissent avoir quitté leur compartiment à l’instant… Leur existence à bord du train se donne à voir à travers le confort étrange, un peu irréel, des cabines parées de fines marqueteries et de laitons étincelants. |
Deuxième Partie (voir ICI) |
La visite se poursuit à l’intérieur de l’Institut du monde arabe où le public se voit présenter, sur deux niveaux, un véritable « musée » de l’Orient Express : objets et documents d’archives, affiches, films et photographies, dont certains sont montrés dans d’immenses malles-vitrines qui sont autant d’allégories du voyage… Cette vaste exposition permet de comprendre les origines de l’Orient Express, à travers la personnalité de son « inventeur », Georges Nagelmackers, mais aussi dans ses aspects techniques, sociaux et culturels. Les questions liées à la dimension géopolitique de l'Orient Express y sont également développées, à travers les différents itinéraires du train et les correspondances permettant, à partir d’Istanbul, de rallier Alep, Damas, Beyrouth, Bagdad, Le Caire, Louxor, Assouan |