Quelle chance que ce soleil hivernal qui nous attendait à la sortie de la gare St Lazare pour notre visite très moderne pour notre groupe d’anciens.
Ce musée, installé au palais de Tokyo (*), est consacré aux artistes du XXème siècle qui se sont affranchis petit à petit de la figuration pour aller vers l’abstraction. Tout l’intérêt de ce genre d’exposition, est de nous permettre de comprendre leur cheminement personnel qui du dessin parfaitement élaboré les ont amenés vers d’autres cieux explosant de lignes et de couleurs.
  (*) Ce palais est un des trois édifices permanents construits pour l’exposition universelle de 1937.
 
Sonia Delaunay est une de ces peintres avant-gardistes. Elle chercha à s’exprimer autrement que par la seule représentation concrète, son esprit créatif ne se satisfaisant plus du cadre étriqué de l’objet étudié en tant que seule réalité.
En effet, ses premières œuvres faites de portraits au crayon, puis de portraits et paysages colorés de crus à la Matisse, s’évanouirent dans des courbes concentriques de plus en plus définies, pour s’extraire de la toile et trouver comme nouveaux supports les tissus les plus divers. En cela, l’intérêt de son travail, outre la peinture, la place en pionnière du tissu imprimé en tant qu’expression artistique. Les courbes et les arabesques serpentines sont autant de motifs qu’elle transposera sur les étoffes créant ainsi une ligne de mode, poussant jusqu’à jouer des motifs des robes des mannequins en les fondant aux tentures et aux murs en fond de décor (ah !! François Hardy en noir et blanc sur un mur noir et blanc). Le camouflage avant la lettre, (qui ne se souvient pas  du canapé du « père noël est une ordure »),  ou l’art du caméléon.
Cette exposition fut passionnante tant par les richesses des œuvres et tant par leurs originalités (même l’écriture est exploitée comme motif artistique). Certains en sont restés perplexes mais néanmoins ce fut une nouvelle découverte dans notre firmament coloré de gloires nationales.
Les estomacs criant famine, chacun chercha son resto ou autre. Et le soleil décidemment très courageux ce jour là nous permit, au moins pour sept d’entre nous, de nous  balader sur les quais de Seine.
 
Thérèse