Le secret de l’État. Surveiller, protéger, informer.
Du chevalier d’éon aux agents secrets des Présidents de la Ve république, l’exposition « Le secret de l’état. Surveiller, protéger, informer » bouscule les lieux communs en explorant l’histoire des différentes organisations, des lieux du pouvoir et des techniques singulières du renseignement, de la fin de l’ancien régime au XXième siècle.
À travers cette exposition, la première sur un tel sujet, les archives nationales lèvent le voile sur un monde souvent fantasmé en ouvrant des fonds d’archives méconnus et en présentant des objets exceptionnels, en partenariat avec les services du ministère de la Défense et de l’intérieur.
Au fil de l’exposition, le visiteur est invité à saisir la façon dont la construction du secret s’appuie sur des normes écrites élaborées par une bureaucratie spécifique, tant diplomatique et policière que militaire, qui entoure les chefs d’etat.
La construction d’une véritable politique du renseignement intérieur et extérieur depuis la fin de l’ancien régime marque la volonté de l’état en France de s’affirmer sur la scène internationale et de protéger l’information. Pour ce faire, un ensemble de documents secrets, de témoignages sonores et audiovisuels inédits et une galerie de machines mystérieuses donnent la parole aux acteurs du secret.
Symbole ultime du secret, l’intérieur du PC du sous-marin « Le redoutable », incarnation de la dissuasion nucléaire, est révélé grâce à une immersion visuelle saisissante.
Les documents présentés de par la richesse de leurs fonds, les archives nationales présentent de nombreux documents provenant d’organismes gouvernementaux et d’institutions publiques : ministère de la Défense, Présidence de la République, Sénat, assemblée nationale, ministère des affaires étrangères, ministère de la Justice, Haute Cour de justice, Commissariat à l’énergie atomique, direction générale du renseignement extérieur.
Des prêts de nombreuses institutions patrimoniales françaises viennent par ailleurs enrichir ces sources publiques : Musée national de la Renaissance (écouen), Musée du louvre, Bibliothèque nationale de France, Musée de l’armée, Musée Ferrié, Bibliothèque municipale de grenoble, Citadelle de Besançon. Des collections particulières ont été également sollicitées : le Canard enchaîné, la fondation napoléon, etc.
De nombreux documents inédits et des objets exposés pour la première fois conduiront le visiteur à travers la variété des supports de l’histoire du secret de l’état et lui permettront de connaître les réalités de terrain des agents qui travaillent à ces missions secrètes. Correspondances « secret défense », rapports administratifs, journaux, brochures, gravures anciennes, huiles sur toile, monnaies, plans anciens, objets liés à l’espionnage et au cryptage, extraits de films et d’émissions télévisées, maquettes et photographies permettront de comprendre l’intérêt primordial de l’état pour la défense et la surveillance de son territoire ainsi que pour l’espionnage en dehors de ses frontières.
Quelques trésors du secret de l’État
Le livre de Cesare Ripa (1555 - 1620) est une encyclopédie qui présente de nombreuses allégories telles que la Paix, la liberté ou la Prudence, reconnaissables à leurs attributs et leurs couleurs symboliques. la gravure intitulée « SPia » [espion] représente un personnage couvert d’une cape, ornée d’oreilles et d’yeux (BnF).
Le premier calculateur électronique de l’histoire, la machine enigma conçue par Scherbius, est utilisée surtout par la Wehrmacht et la Reichwehr en 1937. Cette machine fut fabriquée par gustave Bertrand, grâce à la documentation de sa source allemande en 1939. elle sera exposée aux côtés d’une autre enigma saisie par des agents de la DgSS (ancêtre de la DgSe) dans des locaux parisiens de la kriegsmarine (DgSe).
L’une des pièces phares de l’exposition est une boîte à chiffrer et déchiffrer datant du règne d’Henri ii (1557). Cette machine est composée sous la forme d’un livre à l’emblématique ; sa première page est constituée de 24 cadrans répartis sur quatre colonnes (musée d’écouen).
Sur le terrain, les espions disposent d’un large éventail d’objets d’écoute et de copie de documents, telle cette valise de la direction de la surveillance du territoire (DgSi) dont le système photographique permettait de reproduire des documents officiels dans les années 1980 (DgSi).
Le téléphone demeurant la plus importante source d’indiscrétion, il a fallu protéger les communications des plus hauts responsables de l’état. le président de la République utilise ainsi un téléphone mobile, sécurisé et chiffrant, appelé teoReM, réalisé sous la maîtrise d’ouvrage de la Délégation générale à l’armement (Dga) par la société thalès groupe (musée Ferrié).
Nous terminons la visite par les appartements.